L’Olympique de Marseille accueille Newcastle United ce mardi 25 novembre au Vélodrome dans un match crucial pour ses ambitions européennes. Actuellement 25ème avec seulement trois points, les Phocéens n’ont plus droit à l’erreur face à des Magpies 6èmes au classement. Décryptage des enjeux tactiques de cette confrontation décisive.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!L’enjeu : une question de survie européenne
L’OM aborde cette rencontre dans une position délicate. Après trois défaites et une seule victoire en quatre matchs de phase de championnat, les hommes de Roberto De Zerbi flirtent dangereusement avec l’élimination. En face, Newcastle peut pratiquement valider sa qualification avec un résultat positif. Le contexte est donc on ne peut plus clair : Marseille doit gagner pour rester en vie dans cette Ligue des Champions.
Pourtant, malgré la pression, De Zerbi refuse d’évoquer un match couperet. L’entraîneur italien tempère : « Je ne pense pas que ce sera un match décisif. On a la preuve avec la saison dernière que ce n’est jamais fini. » Une manière de dédramatiser tout en sachant pertinemment que le chemin se rétrécit dangereusement.
La bataille du milieu : le cœur du réacteur tactique
Le trio redoutable de Newcastle
Roberto De Zerbi ne s’y trompe pas : le cœur du danger réside dans l’entrejeu anglais. Le technicien italien considère le trio Bruno Guimarães-Joelinton-Sandro Tonali comme l’un des meilleurs d’Europe. Trois profils complémentaires qui forment un bloc quasi imperméable.
Bruno Guimarães, passé par l’Olympique Lyonnais, connaît parfaitement l’atmosphère du Vélodrome et apporte sa vision du jeu et sa qualité technique. Joelinton incarne la puissance physique et le volume de jeu, capable d’intervenir dans les deux surfaces. Quant à Sandro Tonali, il assure l’équilibre et la rigueur tactique nécessaires aux grands rendez-vous européens.
Eddie Howe, l’entraîneur de Newcastle, ne cache pas son approche : « La bataille au milieu de terrain sera cruciale pour nous. Nous devons essayer de contrôler l’espace et de bien faire circuler le ballon. » Son homologue marseillais partage cette analyse : « Pour espérer faire tomber Newcastle, il faudra d’abord survivre à l’impact au milieu. »
La réponse marseillaise : densifier l’entrejeu
Face à cette menace identifiée, De Zerbi envisage d’ajuster son dispositif habituel. Le retour de Pierre-Emile Højbjerg, ménagé lors de la large victoire contre Nice (5-1), s’avère crucial. Le Danois devrait former un trio avec Arthur Vermeeren et Angel Gomes, offrant ainsi plus de densité et d’assise physique dans l’entrejeu.
Ce choix tactique vise à contrer la domination attendue de Newcastle dans ce secteur. Vermeeren pourrait se voir confier un rôle plus défensif pour compenser l’intensité des Magpies, tandis que Gomes apporterait sa technique et sa capacité à faire la différence balle au pied.
Les transitions : l’autre guerre à mener
La vitesse foudroyante des ailiers anglais
Au-delà du milieu de terrain, De Zerbi redoute particulièrement la capacité de Newcastle à exploser sur les transitions rapides. Harvey Barnes, auteur d’un doublé face à Manchester City samedi dernier, Anthony Gordon (de retour après deux absences) et Anthony Elanga forment un trio d’ailiers explosifs.
Ces joueurs possèdent des qualités athlétiques remarquables et excellent dans les espaces laissés vacants. Face à une défense marseillaise parfois vulnérable sur les contre-attaques, ils représentent une menace permanente. L’ailier anglais Gordon, en particulier, inquiète l’encadrement phocéen par sa capacité à créer le danger à partir de situations anodines.
L’arme Greenwood côté marseillais
Si Newcastle possède des atouts offensifs redoutables, l’OM dispose de son propre poison : Mason Greenwood. Avec 11 buts et 5 passes décisives en 16 matchs toutes compétitions confondues, l’international anglais affole les statistiques et constitue le meilleur buteur de Ligue 1.
Eddie Howe ne s’y trompe pas et a identifié Greenwood comme le danger numéro un marseillais : « Une partie du plan consistera à essayer d’arrêter leurs joueurs offensifs et il est l’un des meilleurs qu’ils aient. » Associé à Igor Paixão et Pierre-Emerick Aubameyang dans un trident offensif, Greenwood devra faire la différence dans les moments clés.
Les systèmes en présence : deux 4-3-3 pour un duel tactique
L’OM de De Zerbi : fluidité et verticalité
Roberto De Zerbi devrait reconduire le 4-3-3 qui a démantelé Nice le week-end dernier. Geronimo Rulli dans les buts sera protégé par une défense composée de Weah, Pavard, Balerdi et Emerson. L’absence de Nayef Aguerd (pubalgie) et Facundo Medina prive certes l’Italien de solutions alternatives, mais la stabilité de cette charnière peut s’avérer bénéfique.
Le système de De Zerbi repose sur une circulation rapide du ballon et des mouvements constants pour déstabiliser les blocs adverses. L’animation offensive dépendra largement de la capacité de ses milieux à ressortir proprement les ballons sous pression.
Newcastle : solidité et pragmatisme
Eddie Howe devrait également opter pour un 4-3-3, avec Nick Pope dans les buts, protégé par le quatuor Lewis Hall-Dan Burn-Malick Thiaw-Tino Livramento (Kieran Trippier étant forfait). L’approche anglaise privilégie la solidité défensive et l’efficacité dans les transitions.
Les Magpies, qui restent sur une victoire éclatante contre Manchester City (2-1), arrivent en confiance malgré des difficultés en Premier League où ils occupent seulement la 14ème place. Ce décalage entre les performances européennes et domestiques témoigne de leur capacité à hausser leur niveau dans les grands rendez-vous.
Les facteurs psychologiques
L’atout Vélodrome
L’un des atouts majeurs de l’OM réside dans son antre mythique. Le Vélodrome, à guichet fermé pour l’occasion, promet une ambiance bouillante capable de transcender les joueurs marseillais. Eddie Howe reconnaît l’importance de ce facteur : « Les deux stades [Vélodrome et St James’ Park] partagent une atmosphère incroyable. Nous savons que le public peut transcender une équipe. »
L’entraîneur anglais insiste sur la nécessité pour ses joueurs d’être « prêts dès la première minute » et de « bien entrer dans le match » pour ne pas se laisser submerger par la ferveur populaire. Newcastle a d’ailleurs voyagé tôt et s’entraînera dans le stade pour mieux s’adapter à l’environnement.
La dynamique des deux équipes
L’OM aborde ce match dans une spirale positive en championnat avec huit victoires lors des dix derniers matchs et une deuxième place en Ligue 1, à seulement deux points du PSG. Cette belle forme domestique contraste avec les déboires européens.
Newcastle présente un profil inverse : brillant en Ligue des Champions mais irrégulier en Premier League avec notamment trois défaites consécutives à l’extérieur. Les Magpies devront donc prouver qu’ils peuvent reproduire leur niveau européen loin de St James’ Park.
Les clés du match
Pour l’OM :
- Gagner la bataille du milieu de terrain en s’appuyant sur le trio Højbjerg-Vermeeren-Gomes pour neutraliser l’influence de Guimarães et compagnie
- Gérer les transitions défensives et ne pas laisser d’espaces aux ailiers rapides de Newcastle
- Exploiter la puissance du Vélodrome en démarrant fort et en mettant une forte pression d’entrée
- Servir Greenwood dans les meilleures conditions pour qu’il fasse la différence
- Éviter les erreurs défensives qui ont coûté cher face à l’Atalanta lors du dernier match européen
Pour Newcastle :
- Imposer son intensité au milieu grâce au volume et à la qualité de son trio d’entrejeu
- Résister à la pression du Vélodrome surtout dans les 15 premières minutes
- Exploiter les espaces en transition avec la vitesse de Barnes, Gordon et Elanga
- Neutraliser Greenwood en limitant ses prises de balle dans les zones dangereuses
- Capitaliser sur l’expérience européenne et la confiance acquise lors des matchs précédents
Verdict
Ce choc promet une intensité maximale entre deux équipes aux profils contrastés. L’OM, dos au mur, n’a plus le choix et devra faire preuve d’audace tout en maîtrisant son sujet. Newcastle, plus serein sur le plan comptable, peut se permettre de jouer pragmatiquement en misant sur ses contre-attaques dévastatrices.
Le duel du milieu de terrain s’annonce comme le tournant du match. Si l’OM parvient à tenir le choc dans ce secteur et à canaliser l’énergie du Vélodrome, les Phocéens peuvent créer l’exploit. À l’inverse, si Newcastle impose son rythme et sa puissance physique, les espoirs marseillais risquent de s’envoler définitivement.
Dans un Vélodrome en ébullition, une certitude demeure : ce match de Ligue des Champions promet des étincelles et pourrait bien marquer un tournant dans la saison européenne de l’OM.
Coup d’envoi : 21h00 au Stade Vélodrome
