
Eagle Football Group a publié ce vendredi les comptes annuels de l’exercice 2024-2025, marquant la fin de l’ère John Textor à la tête du club rhodanien. Les chiffres révèlent une situation financière alarmante, avec des pertes historiques de 201,2 millions d’euros.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Un déficit record qui s’aggrave
La perte nette atteint 201,2 millions d’euros, contre 25,2 millions lors de l’exercice précédent, soit une dégradation spectaculaire de 176 millions d’euros en un an. Le déficit opérationnel s’établit à 150,7 millions d’euros, alors qu’il était positif de 26,5 millions l’année précédente.
Cette chute s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, les revenus globaux ont chuté de 24% pour atteindre 273,8 millions d’euros. La masse salariale a augmenté significativement en raison des nombreux recrutements effectués durant l’exercice, tandis que les amortissements sur les contrats joueurs ont bondi de près de 40 millions d’euros.
Les droits TV, principale source d’inquiétude
L’effondrement des droits télévisuels constitue le point le plus préoccupant. Les revenus issus des droits TV de Ligue 1 sont passés de 94,6 millions à seulement 22,8 millions d’euros, une baisse vertigineuse qui reflète la crise générale traversée par le football français. Paradoxalement, le club a perçu davantage de revenus de l’UEFA que des compétitions domestiques cette saison.
Quelques points positifs malgré tout
Tous les indicateurs ne sont pas au rouge. La billetterie a enregistré une forte progression avec 42,8 millions d’euros de recettes, en hausse de 26%, grâce notamment au retour en Europa League et au derby contre Saint-Étienne.
Le trading de joueurs a également généré des revenus substantiels. Les ventes de joueurs ont atteint 111,1 millions d’euros avec une plus-value de 71,2 millions, incluant des transferts importants comme celui de Rayan Cherki à Manchester City.
Un endettement qui s’alourdit
L’endettement net s’établit désormais à 576,6 millions d’euros, contre 463,8 millions l’année précédente. Les dettes courantes ont augmenté de 44,8 millions d’euros, révélant les difficultés de trésorerie rencontrées tout au long de l’exercice.
Pour éviter une sanction de la DNCG, notamment une relégation administrative, Eagle Football Holdings a injecté un prêt de 87,3 millions d’euros en juillet 2025, accompagné d’une garantie bancaire de 30 millions fournie par YMK Holdings.
Un changement de gouvernance porteur d’espoir
Le principal motif d’optimisme réside dans l’arrivée de Michele Kang à la présidence exécutive d’Eagle Football Group, en remplacement de John Textor. Cette transition marque un changement radical de stratégie, avec un engagement affiché vers plus de transparence et de conformité financière.
La nouvelle direction table sur une qualification européenne pour 2026-2027 et met l’accent sur la stabilité financière à long terme. Des économies substantielles sont également attendues avec les départs programmés de joueurs aux salaires élevés comme Alexandre Lacazette et Corentin Tolisso en fin de contrat.
Des perspectives incertaines
Malgré ces éléments encourageants, l’avenir reste incertain. Le club doit impérativement réaliser des ventes lors du prochain mercato estival et viser une qualification en Ligue des Champions pour redresser la barre. L’introduction en bourse prévue à New York pourrait également apporter jusqu’à 150 millions d’euros de liquidités fraîches.
Ces résultats illustrent plus largement la fragilité du modèle économique de la Ligue 1, entre l’effondrement des droits TV, les conséquences du partenariat avec CVC Capital Partners et les difficultés structurelles que rencontrent de nombreux clubs français. Pour l’OL, le chemin vers l’équilibre financier s’annonce long et semé d’embûches.
