Jean-Pierre Papin, désormais consultant RMC Sport chez Rothen S’enflamme, a eu Darryl Bakola sous ses ordres quand il était entraîneur de l’équipe réserve à l’OM. Surpris par sa titularisation, mais séduit par ses progrès, JPP reconnaît aussi que tout n’a pas été simple dans ses relations avec le jeune milieu de terrain.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Jean-Pierre Papin, avez-vous été surpris de voir Darryl Bakola titulaire en Ligue des champions?
Oui, ça surprend, je ne m’y attendais pas! Je m’attendais plus à voir le petit Robinio Vaz. Mais il a les qualités, sans problème, même si Ligue des champions, c’est un niveau élevé. Mais au Vélodrome, il n’y a rien de trop élevé. Les supporters adorent que les jeunes du centre de formation jouent. On l’avait vu il y a deux ans contre le Benfica. Après, c’est un choix osé de Roberto De Zerbi. Mais quand tu as 18 ans, tu fais un match comme ça, de Ligue des champions, avec cette passion, avec cette importance, ça fait beaucoup d’expérience, en peu de temps.
Ce n’est pas trop de pression pour un jeune joueur?
Oui, c’est de la pression. Mais la pression, à un moment, il faut la connaître une première fois. Il est déjà rentré quelques fois en match. C’était la première titularisation vraiment à 100%. Je pense qu’il faut débuter un jour, quoi qu’il arrive. Je ne m’attendais pas à voir Darryl, mais j’ai bien aimé que ce genre de joueur participe à un tel match.
« Il n’aimait pas défendre. On s’était un peu pris le bec »
Comment avez-vous trouvé sa performance?
Un peu timoré, un peu timide. Quand on connaît le joueur, on sait qu’il peut faire dix fois mieux. Mais je pense que c’est normal, dans ce contexte. La pression de la Ligue des champions, le stade plein, ce sont plein de petites informations que les jeunes ne sont pas habitués à avoir au quotidien. Mais pour des débuts, surtout avec une passe décisive, c’était pas mal quand même!
Comment jugez-vous sa progression depuis le centre de formation?
Il a beaucoup progressé. On s’était un peu pris le bec au départ, quand il est arrivé. Quand des jeunes arrivent comme ça, en équipe réserve, on a l’impression que c’est déjà une marque de confiance, mais parfois ils n’aiment pas trop les critiques. Donc on s’est un petit peu pris le bec avec Darryl, mais très courtoisement. En fait, il n’aimait pas défendre. Maintenant, il faut défendre, surtout dans le football moderne. Et il a corrigé très vite, surtout avec les pros, parce qu’il est allé s’entraîner régulièrement avec eux. Et quand il est revenu jouer, ce n’était plus le même joueur. Mais il faut des fois les piquer et les toucher peu. Ils s’aperçoivent très vite que le coach a raison. C’est quelqu’un qui est très intelligent et il a des qualités incroyables.
« Quand il part balle au pied, c’est un monstre, il est difficile à arrêter »
Quels sont ses défauts et qualités, selon vous?
Son défaut aujourd’hui, c’est aussi sa qualité: il est jeune. Donc il a encore beaucoup de choses à apprendre. Par contre, c’est quelqu’un qui techniquement a un coup d’avance sur les autres. Il voit des choses que les autres ne voient pas. Et après, balle au pied, c’est un monstre. Quand il part balle au pied, c’est difficile de l’arrêter. Alors hier (mardi), je l’ai trouvé un peu timide. Mais je peux comprendre, vu la situation et le contexte, il n’a pas osé. Mais je pense que désormais, ce ne sera plus le même joueur.
Votre gestion de Bakola a créé quelques crispations avec la direction?
Vous savez, tous les joueurs sont difficiles à gérer. Tous les joueurs. Qu’ils soient titulaires, qu’ils ne soient pas titulaires, qu’ils soient extraordinaires ou pas. Ils sont tous difficiles à gérer. Donc, c’est aussi à nous de trouver les bonnes solutions par rapport à ça. Moi, ce que je retiens, c’est que c’est un joueur qui, en une année et demie, a progressé de manière incroyable. Aujourd’hui, il frappe à la porte des pros. C’est bien que le coach lui ait montré ce qu’était le haut niveau. Maintenant, c’est à lui de faire le reste. Le chemin est encore très long. C’est une petite marche qu’il a montée. Maintenant, il y a un escalier complet. Je pense qu’il est capable de le monter.
