
À 17 ans, le jeune milieu marseillais a brillé lors de sa première apparition dans le onze de départ face à Newcastle en Ligue des Champions. Un pari audacieux de Roberto De Zerbi qui a pleinement porté ses fruits.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Un choix surprenant mais réfléchi
Lorsque la composition de l’Olympique de Marseille a été dévoilée mardi soir au Vélodrome, un nom a surpris tout le monde : Darryl Bakola. Le jeune milieu de terrain de 17 ans, qui n’avait cumulé que 24 minutes de jeu en Ligue 1 réparties sur cinq apparitions, allait connaître sa première titularisation en professionnel. Et pas n’importe laquelle : en Ligue des Champions, face à Newcastle, dans un match à très gros enjeux pour la qualification.
Roberto De Zerbi avait justifié son choix avant le coup d’envoi avec une déclaration limpide et pleine de confiance : « Parce que c’est un joueur fort. Je m’attends à ce qu’il joue comme quand il était petit et qu’il jouait dans le parc à côté de sa maison. » Un message simple mais révélateur de la philosophie du technicien italien, qui n’hésite pas à faire confiance aux jeunes talents du centre de formation marseillais.
Une prestation pleine de maturité
Dès les premières minutes, Bakola a montré qu’il n’était pas paralysé par l’enjeu. Alors que l’OM a connu un départ compliqué avec l’ouverture du score de Newcastle dès la sixième minute, le natif de Clichy a fait preuve d’un culot impressionnant. Dans une position de meneur de jeu exigeante, il n’a jamais hésité à réclamer le ballon, à tenter des passes audacieuses et à se projeter vers l’avant.
Sa performance s’est concrétisée de la plus belle des manières dès le retour des vestiaires. À la 46e minute, Bakola a délivré une passe millimétrique à Pierre-Emerick Aubameyang, permettant à l’attaquant gabonais d’égaliser. Une offrande parfaitement dosée qui symbolise la maturité du jeune joueur dans les moments importants.
Au-delà de cette passe décisive, le milieu marseillais a affiché des statistiques remarquables : plus de 80% de passes réussies dans le dernier tiers du terrain et une majorité de duels remportés. Des chiffres qui témoignent d’une prestation complète, alliant technique, intelligence de jeu et engagement physique.
L’émotion d’une soirée inoubliable
Au coup de sifflet final, après la victoire 2-1 de l’OM, Bakola n’a pas pu contenir son émotion. Enlacé par Mason Greenwood puis secoué joyeusement par Pancho Abardonado, le jeune prodige marseillais laissait éclater sa joie sur la pelouse du Vélodrome.
En zone mixte, il a trouvé les mots pour exprimer ce moment unique : « C’est quelque chose de fou. J’ai pas les mots pour vous dire comment c’est incroyable, ce stade. » Des paroles simples qui révèlent l’intensité d’un rêve devenu réalité devant plus de 60 000 supporters.
Un moment anecdotique est également venu ponctuer cette soirée mémorable. Interrogé sur le surnom que lui donnent ses coéquipiers, Bakola a répondu sans hésiter : « Mesut Özil », précisant qu’un joueur le lui avait attribué avant l’entraînement. Un surnom flatteur qui témoigne du respect et de la complicité qui règne dans le vestiaire marseillais.
Les observateurs conquis
La performance de Bakola n’est pas passée inaperçue auprès des spécialistes du football. Daniel Riolo, consultant sur RMC, s’est dit particulièrement séduit : « Pour sa première en tant que titulaire, je l’ai trouvé assez gonflé. Il a été audacieux dans une position très difficile, celle du meneur de jeu. Dans une première partie où tout le monde est passé à côté, il a osé des trucs, il ne s’est pas planqué. »

Roberto De Zerbi, son entraîneur, s’est également félicité de son choix après la rencontre : « Les jeunes ont joué, notamment Bakola, on est content. Il faut jouer comme ça, c’est de là qu’il faut partir. Lors des derniers matches, des choses ne m’ont pas plu. Il fallait mieux jouer. »
Même Pierre-Emerick Aubameyang, auteur d’un doublé, a tenu à saluer la qualité de la passe reçue de son jeune coéquipier, parlant d’une « magnifique passe ».
Un record historique
Cette première titularisation restera également dans les statistiques de la Ligue des Champions. Avec sa passe décisive à 17 ans et 360 jours, Darryl Bakola devient le troisième plus jeune joueur français à délivrer une passe décisive dans cette compétition, derrière Ayyoub Bouaddi et Warren Zaïre-Emery. Une place dans l’histoire qui marque le début prometteur d’une carrière qui s’annonce belle.
Et maintenant ?
Cette performance éclatante pose désormais une question légitime : quelle sera la place de Bakola dans la rotation de Roberto De Zerbi ? Le jeune milieu a clairement montré qu’il avait les épaules pour évoluer au plus haut niveau. Son engagement, sa qualité technique et son intelligence de jeu en font un profil précieux dans un effectif marseillais qui cherche encore son équilibre au milieu de terrain.
Au-delà de l’aspect sportif, cette titularisation intervient également dans un contexte particulier : les discussions pour la prolongation du contrat de Bakola, qui court jusqu’en 2027, s’éternisent. Si De Zerbi assure que ses choix sont uniquement dictés par le sportif, cette démonstration de confiance envers le joueur pourrait avoir son importance dans les négociations à venir.
En attendant, Darryl Bakola peut savourer cette soirée mémorable. Après Robino Vaz, entré en fin de match face à Newcastle, voilà un autre produit du centre de formation qui confirme le vivier de talents dont dispose l’Olympique de Marseille. Une nouvelle génération qui ravit les supporters du Vélodrome et qui incarne l’avenir du club phocéen.
Face au championnat qui reprend ses droits dès ce week-end, le minot marseillais espère « continuer sur cette lancée ». Une ambition légitime après une première en professionnel aussi réussie. À 17 ans, Darryl Bakola a prouvé qu’il était prêt. À Roberto De Zerbi maintenant de gérer ce talent prometteur avec sagesse pour l’inscrire durablement dans le projet marseillais.
