Introduction : Une série historique qui se prolonge
Dans un Grand Stade de Tanger flambant neuf et rempli jusqu’au dernier siège, les Lions de l’Atlas ont poursuivi leur incroyable série d’invincibilité ce vendredi 14 novembre 2025. Face au Mozambique, le Maroc s’est imposé sur le plus petit des scores (1-0), signant ainsi sa 17e victoire consécutive et améliorant son propre record mondial établi un mois plus tôt.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Cette performance remarquable témoigne de la solidité d’une équipe marocaine qui a su construire une dynamique exceptionnelle sous la direction de Walid Regragui. Mais au-delà des chiffres, ce succès pose également des questions sur la véritable valeur de cette série et sur l’état de préparation des Lions de l’Atlas à cinq semaines de la CAN 2025, qu’ils organiseront à domicile.
Un record qui s’étoffe : de 16 à 17 victoires d’affilée
Le précédent record établi contre le Congo
Le 14 octobre 2025, le Maroc avait déjà marqué l’histoire du football international en battant le record de victoires consécutives. Lors de la dernière journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, les Lions de l’Atlas avaient arraché une courte victoire (1-0) contre le Congo au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Ce succès, acquis grâce à un but de Youssef En-Nesyri sur une passe décisive d’Achraf Hakimi à la 63e minute, leur avait permis d’atteindre 16 victoires d’affilée.
Cette performance avait dépassé la marque précédente de 15 victoires consécutives établie par l’Espagne entre juin 2008 et juin 2009, durant une période dorée où la Roja avait remporté l’Euro 2008 et la Coupe du monde 2010. L’Espagne avait elle-même battu le record de la France qui comptait 14 succès consécutifs entre mars 2003 et février 2004.
« Les Lions continuent d’écrire l’histoire avec fierté et honneur avec 16 victoires consécutives, battant le record du monde ! », avait alors écrit l’équipe marocaine sur son compte officiel X.
La 17e victoire : consolidation d’un statut
Un mois plus tard, dans l’enceinte nouvellement rénovée de Tanger, le Maroc a confirmé sa suprématie statistique en s’offrant une 17e victoire de rang. Cette performance place désormais les Lions de l’Atlas dans une catégorie à part, avec une avance confortable sur tous leurs rivaux historiques.
Comme le souligne un média sportif, « cette nouvelle victoire est la 17e d’affilée pour eux, toujours engagés sur une série record » qui pourrait encore s’allonger lors du prochain match contre l’Ouganda le 18 novembre 2025.
L’anatomie d’une série exceptionnelle
Le début de l’épopée : juin 2024
Cette remarquable série a débuté le 7 juin 2024 avec une victoire (2-1) contre la Zambie à Agadir lors des éliminatoires du Mondial 2026. Depuis cette date, les Lions de l’Atlas n’ont plus connu la défaite, enchaînant les succès contre des adversaires de tous niveaux.
Voici le détail chronologique de ces 17 victoires :
- Zambie (2-1) – 7 juin 2024 – Éliminatoires Mondial 2026
- Congo (6-0) – Éliminatoires Mondial 2026
- Gabon (4-1) – Éliminatoires Mondial 2026
- Lesotho (1-0) – Éliminatoires Mondial 2026
- République Centrafricaine (5-0) à Oujda – Éliminatoires Mondial 2026
- République Centrafricaine (4-0) – Éliminatoires Mondial 2026
- Gabon (5-1) à l’extérieur – Éliminatoires Mondial 2026
- Lesotho (7-0) – Éliminatoires Mondial 2026
- Niger (2-1) au stade d’honneur d’Oujda – Mars 2025 – Éliminatoires CAN 2025
- Tanzanie (2-0) à Oujda – Éliminatoires CAN 2025
- Tunisie (2-0) à Fès – Juin 2025 – Match amical
- Bénin (1-0) à Fès – Juin 2025 – Match amical
- Niger (5-0) – Septembre 2025 – Éliminatoires CAN 2025
- Zambie (2-0) – Septembre 2025 – Éliminatoires CAN 2025
- Bahreïn – Match amical
- Congo (1-0) – 14 octobre 2025 – Éliminatoires Mondial 2026 (établissement du record)
- Mozambique (1-0) – 14 novembre 2025 – Match amical (amélioration du record)
Des statistiques impressionnantes
Au cours de cette série, le Maroc a démontré une régularité remarquable :
- Invincibilité totale : 17 matchs sans défaite
- Clean sheets multiples : Quatre cages inviolées lors des quatre dernières rencontres avant le match contre le Mozambique
- Domination offensive : La majorité des rencontres se sont soldées par des victoires nettes, avec plusieurs cartons (7-0 contre le Lesotho, 6-0 contre le Congo)
- Solidité défensive : Peu de buts encaissés sur l’ensemble de la série
Le match contre le Mozambique : victoire laborieuse mais précieuse
Un contexte particulier : l’inauguration du Grand Stade de Tanger
Cette rencontre revêtait une dimension symbolique forte puisqu’elle coïncidait avec l’inauguration officielle du Grand Stade de Tanger, entièrement rénové. Avec une capacité d’environ 75 000 places, cette enceinte devient désormais le plus grand stade du pays et offre une nouvelle vitrine au football marocain.
Le stade affichait complet pour l’occasion, témoignant de l’engouement populaire autour de cette équipe nationale qui enchante son public depuis des mois. L’ambiance était électrique, le public tangérois attendant avec impatience de voir ses Lions rugir dans ce joyau architectural.
Un scénario rapidement verrouillé
Le Maroc a rapidement pris les commandes de la rencontre. Dès la 7e minute de jeu, Azzedine Ounahi a inscrit l’unique but du match d’une magnifique frappe enroulée en dehors de la surface de réparation. Profitant d’une remise parfaite de Noussair Mazraoui, titularisé côté droit en l’absence d’Achraf Hakimi (blessé à la cheville), le milieu de terrain a placé le ballon dans le petit filet gauche du gardien mozambicain.
Cette réalisation précoce a permis au Maroc d’aborder la suite du match avec confiance et sérénité. Comme le rapporte un média sportif, « le ballon termine au fond des filets, laissant le gardien mozambicain Silwan Hernan sans réaction. Un début idéal qui confirme la volonté du Maroc d’imprimer son rythme. »
Une domination stérile
Après l’ouverture du score, le Maroc a logiquement contrôlé les débats. Les statistiques témoignent de cette suprématie :
- 66% de possession pour les Lions de l’Atlas
- 18 tirs à 3 en faveur du Maroc
- Domination territoriale constante
Cependant, cette domination ne s’est pas traduite par une avalanche de buts. Les occasions se sont succédées sans être concrétisées, révélant une inefficacité chronique devant le but adverse. Le symbole de cette maladresse offensive est venu à la 57e minute lorsqu’Ayoub El Kaabi, attaquant réputé pour son efficacité, a manqué un penalty qui aurait pu mettre le Maroc à l’abri.
Le Mozambique, classé 101e au rang FIFA et réputé pour son jeu ultra-défensif, a parfaitement rempli son contrat en évoluant en bloc bas avec un nombre important de joueurs regroupés derrière le ballon. Le gardien Silwan Hernan s’est montré solide sur sa ligne, repoussant les multiples assauts marocains.
Un résultat en demi-teinte
Le match s’est donc soldé par un succès étriqué (1-0), laissant un léger goût d’amertume à une partie des supporters marocains qui espéraient un festival offensif. Comme le note un observateur, « un résultat largement en deçà des attentes, d’autant plus qu’il survient face à un adversaire réputé modeste. »
Cette troisième victoire consécutive sur le score de 1-0 (après celles contre le Congo et le Bénin) interroge sur la capacité du Maroc à déverrouiller des défenses regroupées, un scénario auquel il sera inévitablement confronté lors de la CAN 2025.
Les choix tactiques de Walid Regragui
Une composition remaniée
Pour cette rencontre de préparation, Walid Regragui a dû composer sans deux de ses cadres défensifs majeurs : Achraf Hakimi, blessé à la cheville et incertain pour la CAN, et Nayef Aguerd, gêné aux adducteurs. Ces absences ont contraint le sélectionneur à réorganiser son arrière-garde.
La composition défensive retenue :
- Dans l’axe central : le duo d’expérience Romain Saïss – Jawad El Yamiq
- Au poste de latéral droit : Noussair Mazraoui en remplacement d’Hakimi
- Au poste de latéral gauche : Anass Salah-Eddine, titularisé pour la première fois avec l’équipe nationale du Maroc
Cette configuration défensive a globalement tenu bon, même si certains observateurs ont noté des fragilités dans la charnière centrale.
Un secteur offensif prometteur
L’animation offensive a été l’un des points positifs de la rencontre. Le sélectionneur a aligné une attaque équilibrée avec notamment :
- Azzedine Ounahi : Toujours excellent lorsqu’il évolue sous la tunique marocaine, il a été le héros de la soirée avec son but précoce
- Abdessamad Ezzalzouli : L’ailier s’est montré sous un grand jour, multipliant les percées et les centres dangereux
- Brahim Diaz : Titularisé avant d’être remplacé, il a connu une soirée plus compliquée
Comme le souligne un analyste, « l’attaque était plus équilibrée et le jeu ne penchait plus majoritairement côté droit. Le danger venait de partout, compliquant la tâche pour le Mozambique, malgré sa défense à trois axiaux. »
Les ajustements en cours de match
Face à une défense mozambicaine hermétique, Regragui a procédé à plusieurs changements pour tenter de débloquer la situation :
- Ilias Akhomach et Ismael Saibari ont remplacé Brahim Diaz et Sofyan Amrabat pour apporter plus de créativité offensive
- Mohamed Chibi et Bilal El Khannouss sont entrés à la place d’Azzedine Ounahi et Noussair Mazraoui
Malgré ces ajustements, le Maroc n’a pas réussi à alourdir le score, butant sur un Mozambique regroupé et discipliné tactiquement.
Des incidents dans les tribunes : tensions autour de certains joueurs
La soirée festive a été légèrement ternie par des incidents dans les tribunes. Certains joueurs ont été sifflés par une partie du public tangérois, révélant des tensions au sein de la relation entre l’équipe et ses supporters.
Les joueurs visés :
- Sofyan Amrabat : Le milieu de terrain, en difficulté ces derniers mois en club (à Fenerbahçe), a été accueilli par des sifflements lors de son remplacement. Une réaction qui reflète l’exigence d’un public marocain habitué à voir ses joueurs briller en Europe.
- Brahim Diaz : L’attaquant du Real Madrid a également été sifflé à sa sortie, malgré son statut de joueur évoluant dans l’un des plus grands clubs européens. Selon certaines sources, ces sifflets traduisent une frustration vis-à-vis de performances jugées en deçà de son potentiel.
Ces réactions du public, bien que minoritaires, illustrent la pression qui pèse sur cette sélection marocaine à l’approche d’une CAN à domicile où tout le pays attend un sacre continental.
La valeur réelle de ce record : débat et controverses
Un exploit indéniable mais contesté
Si le record de 17 victoires consécutives est indiscutable sur le plan statistique, sa valeur réelle fait l’objet de débats au sein de la communauté footballistique. Le principal argument des sceptiques porte sur le niveau des adversaires affrontés durant cette série.
Comme le note un média marocain avec lucidité, « si le Maroc reste sur un record mondial de 16 victoires consécutives, cet exploit n’a en réalité été acquis que face à des équipes situées au-delà du top 30 mondial au classement de la FIFA. »
Les adversaires de la série :
- Zambie, Congo, Gabon, Lesotho, République Centrafricaine, Niger, Tanzanie, Tunisie, Bénin, Bahreïn, Mozambique
- Aucune de ces sélections ne figure actuellement dans le top 30 mondial
- Le Mozambique, dernier adversaire en date, occupe la 101e place au classement FIFA
Cette réalité contraste avec les parcours d’autres grandes nations africaines qui ont récemment affronté des adversaires de calibre mondial :
- La Côte d’Ivoire a joué contre le Canada
- Le Sénégal a défié l’Angleterre et s’apprête à affronter le Brésil le samedi 15 novembre
Un déficit de compétitivité préoccupant ?
Les deux prochains matchs amicaux contre le Mozambique et l’Ouganda (83e au classement FIFA) ne permettront pas de combler ce déficit de confrontations contre des équipes de premier plan. Cette situation pose question à moins de deux mois d’une CAN où le Maroc, pays hôte, sera confronté à l’élite africaine.
« Cette situation est d’autant plus complexe que le sélectionneur national est désormais dans l’obligation de reconstruire une défense, alors que la précédente n’a même pas eu le temps de faire ses preuves », analyse un observateur.
Néanmoins, un record reste un record
Malgré ces réserves légitimes, il serait injuste de dévaloriser complètement cet exploit. Certes, les adversaires n’étaient pas de premier ordre, mais le Maroc a fait le travail demandé en remportant tous ses matchs, souvent de manière autoritaire. Les cartons infligés (7-0, 6-0, 5-0) témoignent d’une équipe capable de dominer ses adversaires directs.
De plus, enchaîner 17 victoires consécutives, quel que soit le niveau des adversaires, requiert une régularité, une mentalité et une gestion de groupe exceptionnelles. Rares sont les sélections capables de maintenir une telle constance sur une période aussi longue.
Les enjeux défensifs à l’approche de la CAN 2025
Un secteur fragilisé par les blessures
L’un des principaux sujets d’inquiétude pour Walid Regragui concerne le secteur défensif, fragilisé par une série de blessures malvenues à cinq semaines du début de la compétition.
Les absents et blessés :
- Achraf Hakimi : Touché à la cheville, le latéral du PSG et vice-capitaine des Lions de l’Atlas est incertain pour la CAN
- Nayef Aguerd : Le défenseur central souffre des adducteurs et n’a pas pu participer au match contre le Mozambique
- Ederson, Gabriel, Eder Militão et Bremer : Bien que ces joueurs ne concernent pas directement le Maroc (il s’agit de joueurs brésiliens), cette référence dans les documents montre l’ampleur des problèmes défensifs dans le football actuel
Ces absences obligent Regragui à « reconstruire une défense » alors que le temps presse. Le match d’ouverture de la CAN 2025 est prévu le dimanche 21 décembre au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat contre les Comores.
Les incertitudes sur les postes clés
Plusieurs positions défensives posent question :
Les latéraux :
- À droite : En l’absence d’Hakimi, Noussair Mazraoui a montré qu’il pouvait assurer l’intérim, mais le Marocain du Manchester United n’offre pas la même puissance offensive que son concurrent.
- À gauche : Anass Salah-Eddine a disputé son premier match en tant que titulaire. Si sa prestation a été correcte, il manque encore d’expérience au plus haut niveau.
La charnière centrale : Le duo Romain Saïss (34 ans) – Jawad El Yamiq n’a pas totalement convaincu face au Mozambique. Les observateurs ont noté des approximations et un manque de coordination inquiétant.
Le débat autour d’un éventuel retour de Thiago Silva (40 ans) pour le Brésil fait écho à la situation marocaine : faut-il rappeler des vétérans expérimentés pour pallier les carences ou construire sur la jeunesse et l’avenir ?
Une défense qui n’a pas encore fait ses preuves
Comme le souligne pertinemment un analyste, « le sélectionneur national est désormais dans l’obligation de reconstruire une défense, alors que la précédente n’a même pas eu le temps de faire ses preuves. »
Cette situation paradoxale illustre la difficulté de bâtir une équipe solide avec les contraintes du football international : temps de préparation limité, blessures inopinées, calendrier surchargé des joueurs évoluant dans les grands clubs européens.
Les aspects positifs : confiance et dynamique
Malgré les réserves et les interrogations, cette 17e victoire consécutive apporte des éléments positifs non négligeables à l’équipe marocaine.
Une confiance renforcée
« Cette victoire peut être interprétée sous plusieurs angles. Dans un sens, l’équipe nationale étire sa série d’invincibilité à 17 victoires et fait le plein de confiance », note un observateur.
Cette confiance collective est un atout psychologique majeur à l’approche d’une grande compétition. Les Lions de l’Atlas savent qu’ils sont capables de gagner, encore et encore. Cette mentalité de vainqueurs, forgée match après match, peut faire la différence dans les moments décisifs d’une CAN.
Une dynamique collective exceptionnelle
Au-delà des résultats, c’est toute une dynamique qui s’est installée autour de cette équipe :
- L’engouement populaire : Le Grand Stade de Tanger était complet, témoignant de l’attachement du peuple marocain à ses Lions
- L’unité du groupe : Malgré la concurrence, les joueurs semblent soudés autour du projet de Regragui
- La régularité : 17 victoires consécutives démontrent une capacité à reproduire les performances de manière constante
Le travail tactique se poursuit
Le match contre le Mozambique, malgré son scénario frustrant, a permis à Regragui de tester des options tactiques importantes :
- L’équilibre offensif : L’attaque ne dépend plus uniquement du côté droit et d’Hakimi, ce qui rend le jeu plus imprévisible
- Les automatismes : La composition alignée ressemblait à celle qui débutera probablement la CAN
- La gestion des équipes regroupées : Ce type d’adversaire sera courant en phase de poules
La préparation finale : que reste-t-il à faire ?
Le dernier test : l’Ouganda le 18 novembre
Avant d’entrer dans le vif du sujet avec la CAN 2025, le Maroc disputera un dernier match amical contre l’Ouganda le mardi 18 novembre. Cette rencontre sera l’ultime occasion pour Regragui de peaufiner ses réglages et de trancher certains choix.
L’Ouganda, 83e au classement FIFA et qualifié pour la CAN, constitue un adversaire plus relevé que le Mozambique mais reste dans la catégorie des équipes de second plan. Le sélectionneur marocain aurait probablement préféré un test contre un adversaire plus coriace.
Les chantiers à finaliser
1. Consolider la défense
- Trouver la meilleure charnière centrale
- Gérer l’absence potentielle d’Hakimi
- Améliorer la coordination défensive
2. Améliorer l’efficacité offensive
- Corriger le problème d’inefficacité devant le but
- Travailler les phases de finition
- Développer des solutions pour déverrouiller les défenses regroupées
3. Gérer le turnover et la fraîcheur physique
- Préserver les joueurs clés
- Intégrer progressivement les remplaçants
- Éviter les blessures de dernière minute
4. Construire la confiance collective
- Maintenir la dynamique positive
- Renforcer la cohésion du groupe
- Préparer mentalement les joueurs à la pression d’une CAN à domicile
Les objectifs de la CAN 2025
En tant que pays hôte, le Maroc est considéré comme l’un des grands favoris de la compétition. Les Lions de l’Atlas sont intégrés au Groupe A aux côtés du Mali, de la Zambie et des Comores.
Le calendrier du groupe :
- Match d’ouverture contre les Comores le 21 décembre
- Affrontement face au Mali
- Rencontre contre la Zambie
Walid Regragui a clairement affiché ses ambitions : « J’espère vraiment qu’on va gagner la Coupe d’Afrique des Nations. » Le dernier titre continental du Maroc remonte à 1976, soit près d’un demi-siècle. Une victoire à domicile serait un accomplissement historique.
Le contexte plus large : les U17 et l’effervescence du football marocain
La soirée du 14 novembre a été doublement faste pour le football marocain. Quelques heures avant la victoire de l’équipe A contre le Mozambique, les U17 marocains se sont qualifiés pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde U17 au Qatar après une séance de tirs au but mémorable contre les États-Unis (1-1, 4-3 t.a.b).
« Une soirée qui se finit donc en beauté, après la qualification des U17 en finale du mondial, quelques heures plus tôt », se réjouissaient les observateurs.
Cette double performance illustre la profondeur du vivier marocain et la qualité du travail de formation effectué dans le royaume. À tous les niveaux, le football marocain est en pleine effervescence, porté par les infrastructures (nouveaux stades), l’engouement populaire et les résultats sportifs.
Comparaison avec les grandes séries de l’histoire
Pour mieux comprendre la portée de ce record, il est intéressant de le replacer dans le contexte historique des grandes séries de victoires internationales.
L’Espagne (2008-2009) : 15 victoires
La précédente référence était détenue par la Roja qui avait enchaîné 15 succès durant une période dorée. Cette série s’inscrivait dans un cycle exceptionnel marqué par :
- La victoire à l’Euro 2008
- Le triomphe au Mondial 2010
- Le sacre à l’Euro 2012
Les adversaires affrontés par l’Espagne durant cette série incluaient des nations européennes de premier plan, donnant une valeur particulière à cet exploit.
La France (2003-2004) : 14 victoires
Les Bleus avaient établi une série de 14 victoires consécutives entre mars 2003 et février 2004, une période qui suivait leur double sacre Mondial 1998 – Euro 2000. Cette équipe, menée par Zinédine Zidane, incarnait l’excellence du football français.
Le Maroc (2024-2025) : 17 victoires et plus ?
Avec 17 succès d’affilée, le Maroc dépasse désormais largement ces références historiques sur le plan statistique. Reste à savoir si cette série se prolongera et si elle pourra être conclue par un titre majeur, comme ce fut le cas pour l’Espagne.
Le match contre l’Ouganda le 18 novembre pourrait porter ce record à 18 victoires. Ensuite, l’équation sera différente : la CAN 2025 offrira des adversaires autrement plus coriaces.
Les voix discordantes : critiques et réserves
Le niveau des adversaires en question
Plusieurs observateurs, tout en reconnaissant la qualité de la série, émettent des réserves sur sa valeur réelle. Les arguments avancés sont multiples :
1. L’absence d’adversaires de classe mondiale Aucune équipe du top 30 mondial n’a été affrontée durant cette période, ce qui limite la portée du record selon certains analystes.
2. Le contexte des matchs La majorité des rencontres se sont déroulées dans le cadre d’éliminatoires où le Maroc était largement favori. Les matchs amicaux ont également été choisis contre des adversaires abordables.
3. Les performances en demi-teinte Les trois dernières victoires sur le score de 1-0 révèlent des difficultés à dominer des équipes défensives, une faiblesse préoccupante.
La nécessité d’affronter le gratin mondial
« À l’heure où les mastodontes africains ont au moins croisé une nation parmi les 30 meilleures au monde depuis la dernière CAN, […] le Maroc enchaîne les rencontres face à des équipes de moindre envergure », déplore un observateur.
Cette critique soulève une question légitime : comment le Maroc peut-il véritablement évaluer son niveau sans se confronter aux meilleures nations ?
Les exemples du Sénégal (face à l’Angleterre et au Brésil) et de la Côte d’Ivoire (face au Canada) montrent que d’autres sélections africaines osent programmer des matchs amicaux contre des adversaires de prestige.
Une préparation inadéquate pour les grands rendez-vous ?
Le risque principal est d’arriver à la CAN 2025 avec des certitudes bâties sur des victoires contre des adversaires faibles, et de se retrouver démuni face à des équipes africaines de classe mondiale comme l’Algérie, le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Nigeria.
« Cette situation est d’autant plus complexe que le sélectionneur national est désormais dans l’obligation de reconstruire une défense, alors que la précédente n’a même pas eu le temps de faire ses preuves », rappelle un analyste, pointant du doigt le paradoxe d’une équipe invaincue mais dont les fondations défensives restent fragiles.
Conclusion : Entre fierté légitime et lucidité nécessaire
La 17e victoire consécutive du Maroc contre le Mozambique constitue indéniablement un exploit statistique remarquable. Les Lions de l’Atlas ont écrit une page d’histoire en établissant un record mondial qui pourrait encore s’allonger dans les jours à venir.
Cette série témoigne de plusieurs qualités indéniables :
- La régularité : Gagner 17 matchs d’affilée, quels que soient les adversaires, requiert une constance exceptionnelle
- La mentalité : L’équipe sait gagner, même dans l’adversité (victoires étriquées)
- La profondeur du vivier : Le Maroc peut aligner plusieurs compositions compétitives
- La cohésion du groupe : La dynamique collective est palpable
Cependant, cette réussite doit être tempérée par une analyse lucide :
- Le niveau des adversaires affrontés limite la portée de ce record
- Les fragilités défensives persistent malgré les victoires
- L’inefficacité offensive face aux équipes regroupées reste problématique
- Le manque de tests contre le gratin mondial pose question
À cinq semaines du début de la CAN 2025, le Maroc se présente donc avec un statut de favori renforcé par cette série, mais conscient des défis qui l’attendent. La véritable épreuve de vérité aura lieu du 21 décembre 2025
